Aspirine de Joann Sfar

8.5 Eve
8.5

Aspirine en bref

Aspirine est une jeune vampire de 17 ans, en pleine crise d’adolescence… depuis 300 ans. Immortelle, plus rien ne semble avoir de sens à ses yeux. Elle n’hésite pas à tuer tous les hommes qui l’importunent.

Rencontre avec Joann Sfar

Nous avons rencontré Joann Sfar dans les locaux de Babelio. Il nous parle de ses oeuvres avec beaucoup d’humilité et très à l’écoute des questions des lecteurs présents.

Aspirine est une personnage que l’on a pu croiser dans d’autres albums et son premier roman.
Le vampire est un personnage récurrent de son oeuvre. Joann Sfar est fasciné par les vampires qui ne meurent jamais et la symbolique qui les entoure.
Consacrer un album à Aspirine lui a permis de raconter quelque chose à la jeunesse. Joann Sfar a 2 enfants et est étonné de constater que les jeunes aiment aussi peu leur époque. Tout en essayant de rester léger, il essaie d’aborder la colère de cette jeunesse. Ce n’est pas une histoire d’amour, ni une histoire d’amitié (Yigor devient son serviteur).  C’est une histoire de vampire mais aussi un journal d’adolescente. Sa soeur de 23 ans a un âge plus simple.
Dans un monde de liberté, notamment concernant l’orientation sexuelle, une responsabilité aux auteurs. Joann Sfar s’inspire des mangas où tout est permis. Il a aussi été influencé par les films de vampires de Jean Rollin.
Il coupe habituellement les 10 premières pages de ses histoires. Finalement il considère que c’est important pour les lecteurs de savoir où l’auteur a commencé. Il ne sait jamais ce qui se passe dans la page ou la case d’après. Il laisse parler les personnages qui terminent d’eux mêmes cette histoire. Heureusement que cette BD n’était pas limitée à 46 pages.
Avant de se mettre au dessin, il travaille sur les personnages : leur tenue, leurs propos… Aspirine a un peu évolué depuis.

L’idée est que le dessin soit assez séduisant pour plaire aux adolescents mais très vif pour créer du mouvement. Il travaille en noir et blanc. Ces images sont retravaillées ensuite par des coloristes. Il leur laisse toute latitude.
Faire une BD sur Paris l’a amusé car il a dessiné de mémoire, comme quelqu’un qui habite et en ne voyant plus la beauté de la ville, comme Aspirine.

Joann Sfar a tendance à ne pas finir ses histoires. Il a indiqué FIN à la fin de l’album… même si la moitié de la suite est déjà écrite. Mais cela lui permet d’avoir la liberté de ne pas écrire de suite.

Le Mot de l’éditeur

Aspirine, étudiante en philosophie à la Sorbonne a la rage, elle ne supporte plus de revivre sans cesse les mêmes épisodes de sa vie pourrie. Et ça fait 300 ans que ça dure car Aspirine est vampire, coincée dans son état d’adolescente de 17 ans. Elle partage un appartement avec sa soeur Josacine, heureuse et sublime jeune femme de 23 ans, qui elle au moins, a eu l’avantage de devenir vampire au bon âge. En perpétuelle crise d’adolescence, elle passe ses nerfs sur son prof, sa soeur et tous les hommes «relous » qui croisent sa route. Assoiffée de sang, elle n’hésite pas à les dévorer (au sens propre) ou les dépecer. C’est même devenu un rituel avec les amants que sa jolie grande soeur collectionne. Malgré tout, elle attise la curiosité d’Ydgor ado attardé, un étudiant de type « no-life » : vaguement gothique, légèrement bigleux et mal peigné… avec comme kiff dans la vie, le fantastique et la légende de Cthulhu… Il rêve de vivre un truc magique, d’un destin exceptionnel et a compris qu’Aspirine est une vampire. Pour acquérir le privilège de pouvoir l’accompagner, il s’engage à garder le secret et à devenir son serviteur… son esclave. Parviendra-t-il à gagner sa confiance voire même son amitié ? Arrivera-t-il à la calmer de ses pulsions mortifères ? Au final, lequel sera le plus enragé des deux ?

Quelques mots sur l’auteur Joann Sfar

Né à Nice en 1971, Joann Sfar, a passé une maîtrise de philosophie avant d’entrer à l’école des Beaux-Arts de Paris. Il est l’auteur d’une centaine d’albums de bande dessinée comme dessinateur et/ou scénariste. En plus de son travail d’auteur, Joann Sfar est également directeur de collection chez Gallimard, réalisateur et musicien.

Notre avis

Une bande dessinée au scénario original, avec des dessins dynamiques qui reflètent bien la rage qui anime Aspirine. Cette histoire nous fait également réfléchir sur le sens de la vie.


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