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L’art de perdre en bref
Naïma commence le récit de l’histoire de sa famille à partir des années 30, avec son grand père, Ali.
A 19 ans, alors qu’il n’est qu’un adolescent pauvre de Kabylie, il épouse une de ses cousines qui ne lui donne que deux filles. Après avoir répudié sa première femme, il se marie avec une jeune fille de 14 ans, Yema, qui lui donne un an plus tard, un fils Hamid, le père de Naïma. Son exploitation d’olives grandit rapidement grâce au rejet des colons français par les paysans locaux.
Ce roman est divisé en 3 parties
- Il nous plonge ainsi dans la première partie (« L’Algérie de Papa ») dans l’Algérie coloniale et de la décolonisation à travers le regard d’Ali, avec quelques rappels historiques, des termes arabes, l’évocation des traditions kabyles.
- La seconde partie (« La France froide ») aborde l’arrivée des grands-parents de Naima (Ali et Yema) et de son père (Hamid) dans des camps de transit en France en 1962 puis dans un HLM à Flers ainsi que la naissance de Claude, le premier à être né en France. Avec Hamid, nous découvrons les conditions des réfugiés en France, les difficultés d’intégration mais également l’amitié avec des Français nés en France et l’amour, avec la rencontre de Clarisse, avec qui il aura 4 filles, dont Naïma.
- Dans la troisième partie (« Paris est une fête »), Naïma travaille dans une galerie d’art contemporain. Elle a peur d’être assimilée à des terroristes après les attentats de 2015. La préparation d’une exposition d’un artiste kabyle la conduit à faire des recherches sur l’Algérie, les harkis et l’histoire de sa famille.
Le mot de l’éditeur
L’Algérie dont est originaire sa famille n’a longtemps été pour Naïma qu’une toile de fond sans grand intérêt. Pourtant, dans une société française traversée par les questions identitaires, tout semble vouloir la renvoyer à ses origines. Mais quel lien pourrait-elle avoir avec une histoire familiale qui jamais ne lui a été racontée ? Son grand-père Ali, un montagnard kabyle, est mort avant qu’elle ait pu lui demander pourquoi l’Histoire avait fait de lui un “harki”. Yema, sa grand-mère, pourrait peut-être répondre mais pas dans une langue que Naïma comprenne. Quant à Hamid, son père, arrivé en France à l’été 1962 dans les camps de transit hâtivement mis en place, il ne parle plus de l’Algérie de son enfance. Comment faire ressurgir un pays du silence ?
Dans une fresque romanesque puissante et audacieuse, Alice Zeniter raconte le destin, entre la France et l’Algérie, des générations successives d’une famille prisonnière d’un passé tenace. Mais ce livre est aussi un grand roman sur la liberté d’être soi, au-delà des héritages et des injonctions intimes ou sociales.
Quelques mots sur l’auteur Alice Zeniter
Née en 1986 d’un père algérien et d’une mère française, Alice Zeniter est entrée à la Sorbonne Nouvelle en même temps qu’à l’École Normale Supérieure. Elle a suivi un master d’études théâtrales, suivi de trois ans de thèse durant lesquels elle a enseigné aux étudiants de la licence. Elle est partie en 2013, sans mener à bien son doctorat, pour se consacrer uniquement à ses activités artistiques. Elle a vécu trois ans à Budapest où elle a enseigné le français et a été assistante-stagiaire à la mise en scène dans une compagnie théâtrale.
Alice Zeniter a publié son premier roman, “Deux moins un égal zéro” en 2003, à 16 ans. Son second roman, “Jusque dans nos bras”, publié en 2010, a été récompensé par le Prix littéraire de la Porte Dorée puis par le Prix de la Fondation Laurence Trân.
Elle reçoit en 2013 le prix du Livre Inter ainsi que le prix des lecteurs de l’Express et le prix de la Closerie des Lilas pour “Sombre dimanche” et le Prix Renaudot des Lycéens 2015 pour “Juste avant l’oubli”. Son roman, “L’Art de perdre” a reçu en 2017 de nombreux prix littéraires, dont le Prix Goncourt des lycéens.
Alice Zeniter écrit aussi pour le théâtre.
Notre avis
Cette fresque familiale aborde, avec beaucoup d’émotions, de nombreux sujets comme l’exil, les racines et l’héritage familial.


Merci Ève. Il y a un moment que je veux lire ce livre. Le hasard fait que je connais une famille de Flers liée aux Zéniter et qui m’a parlé de ce livre.