La rue qui nous sépare de Célia Samba

8.5 Eve
8.5

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La rue qui nous sépare en bref

Noemia, étudiante en deuxième année de droit, vit avec ses cousins Valentins et Joana. Tristan, 21 ans, mendie près de la gare, à la sortie d’un supermarché. Il supporte mal le froid, l’indifférence des passants et le mépris de certains policiers qui le chassent des couloirs du métro.

A quelques semaines de Noël, en rentrant des cours, elle traverse la rue pour saluer Tristan. Un jour, elle décide de lui offrir un crêpe, un autre jours, ils échangent quelques mots. Une complicité s’instaure, malgré tout ce qui les oppose.

Le mot de l’éditeur

Noémia a dix-neuf ans, Tristan vingt et un. Ils se croisent tous les jours, ils se plaisent, c’est évident. Mais Noémia est étudiante et Tristan est sans-abri. Entre eux, il y a le froid, la société ? Entre eux, il y a la rue… qui pourrait se révéler difficile à traverser.

Quelques mots sur l’auteur Célia Samba

Née en 1997, Célia Samba est étudiante en cinquième année de médecine. A 22 ans, elle remporte le concours “Nos Futurs”, organisé par Hachette Romans, sur le thème de l’engagement avec son roman “La rue qui nous sépare”.

Entretien virtuel avec l’auteur

Nous avons eu la chance de pouvoir participer à un entretien avec l’auteur, via Zoom.

La genèse

Célia était une grande lectrice au collège et au lycée. Si elle s’est ensuite un peu éloignée de la lecture, l’écriture est venue très tôt et fait toujours partie de son quotidien. Elle parvient aujourd’hui à allier écriture et études de médecine.
La genèse du roman remonte à 2013, alors qu’elle était lycéenne. Célia a véritablement rencontré, à côté d’un supermarché, un SDF, qui avait un bonnet avec des oreilles de Pickachu, à qui elle a offert une crêpe. C’est ce qui a inspiré ce roman dont elle a commencé le récit en 2013 et qu’elle a repris en 2018 à l’occasion d’un concours organisé par Hachette Roman sur le thème de l’engagement.

L’écriture du roman

Si la trame n’a pas véritablement été modifiée, son écriture a peu un évolué, quelques scènes ont été ajoutées, la personnalité des personnages principaux et secondaires a été approfondie. Une fin un peu plus réaliste a par ailleurs été ajoutée. Et après consultation de ses proches, elle a choisi de conserver les 2 fins à son roman.

Il n’y a pas de recherche stylistique particulière : elle avait l’idée de faire une double narration et l‘emploi de la 3ème personne du singulier s’est vite imposé par facilité. Initialement, le roman commençait en 2013, lorsque Célia a effectivement rencontré le SDF du supermarché. Elle a ensuite retravaillé les dates pour se caler sur la période de fêtes de fin d’année, qui est très symbolique.
Les personnages sont ensuite venus très vite. Noémia lui ressemble beaucoup. Au fil du récit, Célia a fait évoluer son personnage préféré, Valentin, qui apparaît comme « un petit con » au début du roman. Les personnages de Joanna et de Lila, qu’elle n’a pas beaucoup détaillés, pourraient réapparaître dans d’autres romans. Un deuxième roman est en cours de finalisation et un troisième vient d’être commencé.

Des sujets graves

Depuis qu’elle est collégienne, Célia a toujours essayé d’échanger, même brièvement, avec les sans-abris qu’elle croisait.

Pour l’écriture de son roman, elle n’a pas fait de travail d’interview de sans-abris mais s’est renseigné sur leurs conditions de vie et leurs parcours. Cela lui a permis de prendre conscience que se retrouver à la rue, même si cela touche plus particulièrement ceux qui viennent de l’aide sociale à l’enfance, peut arriver à tout le monde, et ce très rapidement.
La rédaction de ce roman lui a permis avant tout d’exprimer sa vision des choses. Hachette Roman lui a proposé un partenariat avec l’association La Cloche, qu’elle ne connaissait pas jusqu’à ce moment-là. Elle a ainsi pu échanger avec deux bénévoles, découvrir leur travail.
Célia aborde, sans forcément en avoir eu l’intention au moment de la construction du roman, plusieurs sujets difficiles comme l’alcoolisme, la drogue, le viol, la prostitution, l’abandon… C’est l’amour qui permet d’aborder plus facilement ces sujets graves.

Un message d’espérance

Celia est contente d’apprendre que la lecture de son roman a pu conduire certains à changer leur regard sur les sans-abris. Elle est partante pour travailler avec des professeurs pour faire découvrir son récit à des collégiens et des lycéens, même si ce roman ne se réduit finalement pas à un public d’adolescents.
Son objectif est de donner avec ce roman un message d’espoir, ou plutôt, terme qu’elle préfère, un message d’espérance.

Notre avis

Ce roman, qui s’étend sur quelques mois, décrit tout en finesse la personnalité de Noémia et Tristan, deux être brisés qui vivent dans deux mondes différents. Il nous plonge, avec une justesse rare dans les romans young adult, dans leurs souvenirs, leurs pensées et leur quotidien. Il permet de comprendre un peu mieux les conditions de vie précaires des SDF, balaie certaines idées préconçues et nous invite à adopter un autre regard sur les sans-abris. L’auteur nous propose dans premier roman très touchant, deux fins, l’une plus réaliste, l’autre laissant plus de place à l’espoir. Une bonne illustration de la complexité de l’âme humaine.


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