Rétrospective de Nicolas de Staël au Musée d’Art Moderne de Paris

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Le Musée d’Art Moderne de Paris consacre une grande rétrospective à Nicolas de Staël qui rassemble une sélection d’environ 200 tableaux, dessins, gravures et carnets venus de nombreuses collections publiques et privées, en Europe et aux Etats-Unis.

Nicolas de Staël (1914-1955) est une figure incontournable de la scène artistique française d’après-guerre. L’exposition propose un nouveau regard sur le travail de l’artiste, en tirant parti d’expositions thématiques plus récentes ayant mis en lumière certains aspects méconnus de sa carrière. À côté de chefs-d’œuvre emblématiques tels que le Parc des Princes, elle présente un ensemble important d’œuvres rarement, sinon jamais, exposées, dont une cinquantaine montrées pour la première fois dans un musée français.

La vie du peintre n’a cessé d’influer sur la compréhension de son œuvre.

Né à Saint-Pétersbourg en 1914, Nicolas de Staël a 3 ans lorsque la révolution russe éclate. Forcé de fuir avec sa famille, il très tôt orphelin.

Organisée de manière chronologique, l’exposition retrace les évolutions successives de l’artiste.

Après voir étudié l’art à Bruxelles, il a passé 2 étés dans  le sud de la France puis en Espagne. Il parcourt ensuite pendant un an le Maroc où il rencontre Jeannine Guillou, une peintre qui deviendra sa compagne. Il  s’engage en novembre 1939 dans la Légion étrangère. Démobilisé en septembre 1940, il vit pendant 3 ans à Nice puis s’installe à Paris. En 1942, il se tourne vers l’abstraction, tendance alors en plein essor. Ses œuvres sont dominées par des tons sombres. En 1946, Jeannine meurt tragiquement suite à un avortement thérapeutique.

Staël, qui s’est marié avec Françoise Chapouton, vit et installe en 1947 son atelier dans la rue Gauguet, près du parc Montsouris. Il conçoit plusieurs œuvres en même temps, passant de l’huile à l’encre de Chine, de la toile au papier.

En 1950, le travail de Staël se densifie : des masses plus amples et ramassées s’agencent à la surface de la toile

Les tableaux de l’année 1951 apparaissent, rétrospectivement, comme une réaction à ceux de l’année 1950. Après la condensation, ce sera donc la fragmentation : après les formes concentrées, viennent des formes fragmentées, faites de tesselles colorées, comme la mosaïque.

Malgré l’époque, Staël revient vers la figuration.

En 1952, Staël élargit son champ visuel, sortant de l’atelier pour s’adonner au paysage et travailler en plein air, sur le motif, en Île-de-France, en Normandie et dans le Midi. Chaque lieu, chaque région engendre ses propres impressions et ses manières de faire.

L’attrait de Nicolas de Staël pour le paysage se prolonge dans une fascination par les spectacles du monde et leurs différentes lumières : concert, ballet, match de football. À Paris, le 26 mars, Staël assiste au match de football France-Suède au Parc des Princes. Le tableau magistral qu’il en tire est exposé au Salon de mai.

Au mois de mars 1953, Staël est à New York pour préparer son exposition à la Knoedler Gallery. L’exposition remporte un franc succès, tant critique que commercial. En juin, Staël signe un contrat avec le puissant galeriste Paul Rosenberg, qui le pousse à produire davantage pour répondre à la demande des collectionneurs américains.

En mai 1953, sur le conseil de René Char, le peintre et sa famille s’installent dans un village proche d’Avignon. Ce séjour en Provence engendre deux chocs : celui de la lumière éclatante, et celui de la rencontre avec une jeune femme, Jeanne Polge. Le peintre, dont la palette devient éclatante, multiplie les sujets d’atelier. En Provence, le peintre remet son art en jeu tout en renouant avec le petit format et la peinture sur le motif. La lumière du Sud implique un nouveau regard, et donc une nouvelle manière de faire.

En août 1953, Nicolas de Staël, qui s’est acheté une camionnette, embarque sa famille dans un voyage en Sicile.

L’année 1954 est marquée par de constants déplacements : toujours à la recherche de sensations nouvelles, Staël se remet en route.

En septembre 1954, pour se rapprocher de Jeanne Polge, Nicolas de Staël s’installe seul dans une maison sur les remparts d’Antibes, face à la mer. Cherchant la fluidité et la transparence, le peintre utilise du coton et des tampons de gaze pour étaler la couleur.

Le 16 mars 1955, Staël se tue, à l’âge de 41 ans, en se jetant du toit-terrasse de son atelier, laissant derrière lui de nombreux tableaux en cours

 

Ses recherches graphiques et picturales, en variant les outils, les techniques et les formats (du tableautin à la composition monumentale), montrent qu’en une douzaine d’années, il n’a cessé de se renouveler et d’explorer de nouvelles voies, que ce soit face au paysage ou son atelier.

En pratique

Jusqu’au 21 janvier 2024
Musée d’Art Moderne de Paris
11 avenue du Président Wilson
75016 Paris

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