Femme sur écoute d’Hervé Jourdain

8.5 Eve
8.5
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Nous avons eu l’occasion de rencontrer Hervé Jourdain pour son roman Femme sur écoute dans les locaux de Babelio.

La rencontre avec Hervé Jourdain

Le roman se situe dans les nouveaux locaux de la Brigade criminelle. Le 36 quai des orfèvres a plus de 130 ans et a déménagé la semaine dernière au 36 rue des Bastions. Ce déménagement va s’étaler sur 5 mois. L’auteur voulait coller à la réalité.
Ce roman a été écrit depuis plus d’un an et le déménagement a failli être reporté d’un an. C’était un risque. Par souci de réalisme, l’auteur s’est renseigné sur l’agencement intérieur et la sécurité des lieux.
La digitalisation est l’avenir même si on peut encore trouver des machines à écrire Olympia, même si elles ne sont plus utilisées. Tout ce qui est décrit en matière de cyber criminalité est réel.
Dans le décor, le fonctionnement de la police et la relation entre les enquêteurs, l’auteur est attentif au réalisme. La misogynie mais également le binôme homme / femme et la complémentarité sont du vécu. L’auteur doit toutefois trouver des failles pour nourrir l’intrigue et composer avec la réalité.
La Brigade criminelle traite principalement 3 types d’affaires : le meurtre et l’assassinat (meurtre préparé) d’une part, les enlèvements et les viols en série. Le proxénétisme et la fuite de journalisme ne sont généralement pas traités par la Brigade criminelle.
Les catacombes sont gérés par la police. Tout ce qui est écrit sur les catacombe est vrai. Les chatières créés par les cathaphiles ont lieu au niveau de la petite ceinture.
Le changement de style et le vocabulaire utilisé dans les écoutes contribue aussi au réalisme. L’auteur s’est inspiré de ce qu’il a vécu. Il voulait surtout montrer l’emprise de Bison, bien qu’il soit en prison, sur sa compagne.

Le roman est né en plusieurs temps. Ce qui concerne les écoutes téléphoniques est venu il y a plus de 5 ans. L’auteur voulait faire vivre les re transmissions d’écoutes téléphoniques dans un roman policier et montrer ce que l’on peut faire lorsqu’on est dans l’illégalité. Un gros travail de nettoyage a été fait dans le roman. De là est venu l’histoire de la manipulation d’une femme qui raconte sa vie au téléphone. Une méthode d’enquête est en effet de mettre sur écoute la femme d’un voyou, qui ne change pas de numéro de téléphone comme pourrait le faire le voyou.
Cette histoire a d’abord été proposé sous forme de scénario. Face au refus, l’auteur a décidé d’en écrire un roman il y a un an et demi au moment du déménagement et de l’élection présidentielle.

Ce roman aborde l’instrumentalisation des médias, le lobbiying sécuritaire, l’opposition de la droite dure très sécuritaire et de la gauche angélique.
L’auteur affirme toutefois n’avoir jamais été mis sous pression dans son roman.
L’idée n’est pas d’inquiéter les gens mais de décrire le milieu de la sécurité français de l’intérieur en s’inspirant d’anecdotes et d’histoires réelles. La tricoche existe bien. Cela a nourrit l’imaginaire de l’auteur.
L’auteur travaille toujours dans la police. Lorsque les policiers écrivent un livre sont obligés d’en informer la hiérarchie et de ne pas porter préjudice à l’institution policière. En remportant le prix du Quai des orfèvres, l’auteur a gagné de la légitimité et de la liberté parole.
Son métier le nourrit dans l’écriture de romans et considère la police comme sa famille. Il n’a pas envie de la quitter.

Les personnages du roman devraient être retrouvés dans un prochain roman, probablement dans la région des Ardennes. Ce roman tournera autour de la disparition de femmes.

Femme sur écoute en bref

Les chapitres du romans alternent entre 2 scènes :

  • Tout d’abord, Manon est escort girl pour subvenir aux besoins de son fils, Jihad, 4 mois, et financer les études de sa sœur. Le père de son fils, Bison, est en maison d’arrêt suite au bracage d’un fourgon blindé.
  • Dans le quartier des Batignolle, nous découvrons le quotidien de la Brigade criminelle dans ses nouveaux locaux à travers Lola Rivière, 28 ans, qui vient de passer 3 ans à Singapour et qui est souvent en arrêt maladie, le commissaire Hervé Compostel qui est resté 2 ans en retrait de la vie policière après le suicide de son fils et le commandant misogyne Richard Kaminski.

Le Mot de l’Editeur

Manon est strip-teaseuse et escort girl dans le quartier du Triangle d’or à Paris. Elle vit avec sa sœur, étudiante en philo, et le bébé qu’elle a eu avec Bison, incarcéré en préventive pour un braquage raté. Manon ne mène qu’une bataille, celle de son avenir. Le plan : racheter une boutique sur les Champs-Élysées et par la même occasion, sa respectabilité. Mais ça, c’était avant qu’on pirate sa vie. Pôle judiciaire des Batignolles. Les enquêteurs de la brigade criminelle, tout juste délogés du légendaire 36 quai des Orfèvres pour un nouveau cadre aseptisé, s’escriment à comprendre pourquoi chacune des enquêtes en cours fuite dans la presse. Compostel et Kaminski sont à la tête d’une jeune garde, qu’a récemment rejointe Lola Rivière. Absences répétées, justifications aux motifs évasifs… La réputation de l’experte en cybercriminalité n’est pas brillante. Compostel a malgré tout décidé de lui accorder sa confiance en lui remettant pour dissection l’ordinateur de son fils, suicidé trois ans plus tôt. Sexe, politique, sécurité… Et des morts sans connexions apparentes. Au plus près du réel, en s’appuyant sur le système des écoutes téléphoniques, Hervé Jourdain bâtit une intrigue à l’architecture saisissante, doublée d’un portrait (à l’acide) de son époque.

Quelques mots sur l’auteur Hervé Jourdain

Né à Saint-Maur-des-Fossés, en 1972, Hervé Jourdain est un ancien capitaine de police à la Brigade criminelle de Paris. Il officie désormais comme analyste au sein d’un service spécialisé. Il remporte en 2014 le Prix du quai des orfèvres avec son roman « Le Sang de la trahison ».

Notre avis

L’auteur nous plonge dans le roman en le situant un peu dans le futur, aujourd’hui, en avril 2017, en retraçant les extraits d’écoutes téléphoniques, des schémas… L’avancée en parallèle un chapitre sur deux du quotidien de Manon et de celui de la brigade criminelle, avant que les 2 histoires convergent, contribue à renforcer le suspens. Les différentes démarches de la brigade criminelle sont détaillées, ce qui renforce la crédibilité du récit. Le roman est par ailleurs très ancré dans la réalité : les élections présidentielles, les réseaux sociaux, la sécurité. 520 pages qui se dévorent rapidement. Un très bon moment de lecture.

 

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